Maîtrise des risques, sécurité des opérateurs et préservation de l’environnement : un triple défi pour les TAR industrielles. Pendant des décennies, le recours aux biocides et plus globalement aux traitements chimiques a été la solution de référence pour la désinfection et le maintien en conditions opérationnelles de ces installations. Aujourd’hui, les contraintes réglementaires, les exigences sociétales, ou encore les enjeux de santé et d’environnement conduisent les industriels à se tourner vers des méthodes alternatives à la fois efficaces, sobres en réactifs et porteuses d’innovation. Tour d’horizon des solutions de nouvelle génération pour le traitement des tours aéroréfrigérantes. 

Tours aéroréfrigérantes :

au-delà du risque légionelles

Les biocides (oxydants ou non-oxydants) restent encore aujourd’hui la modalité la plus répandue pour traiter l’eau des TAR et contrôler la prolifération bactérienne, en particulier des légionelles. Ils ont permis de faire reculer significativement le risque sanitaire à condition que ces traitements chimiques soient appliqués avec rigueur, équilibrés par un pilotage précis, et précisément choisis selon le profil de l’installation. Car, avec le temps, le recours systématique à ces biocides dits « traditionnels » a soulevé un certain nombre de questions. 

 

  • Sécurité des opérateurs : la manipulation, le stockage et le transport de produits biocides impliquent des risques chimiques directs pour les équipes, et une réglementation de plus en plus stricte protège désormais la santé au travail.
  • Enjeux environnementaux : une partie significative des biocides et de leurs sous-produits finit dans les rejets d’effluents ; leur impact sur les milieux naturels, la flore et la faune aquatique fait l’objet d’un suivi accru des autorités et déclenche souvent des audits complexes.
  • Contraintes réglementaires : la législation encadrant l’usage et l’élimination des produits chimiques évolue vers davantage de précaution, de nouveaux seuils de rejet, et exige de plus en plus de traçabilité sur leur utilisation.
  • Efficacité réelle : la rémanence de certains produits, la formation de biofilms résistants, ou la difficulté à intervenir en cas d’arrêt prolongé/plans d’eau stagnante sont autant de situations où le rendement du traitement n’est plus optimal.

 

Outre la désinfection, c’est aussi toute la question de l’entretien et du maintien en conditions opérationnelles des IREDEFA qui se pose : comment traiter mieux et de façon plus durable, afin de limiter l’entartrage, la corrosion et l’encrassement biologique ou organique ? 

 

Dans ce contexte, la recherche d’alternatives ne vise pas simplement à “faire différemment”, mais à conjuguer sécurité des personnes, robustesse technique, préservation de l’environnement et conformité réglementaire. Les technologies alternatives ne se substituent pas toujours totalement aux traitements classiques ; elles peuvent aussi agir en synergie ou devenir le cœur du dispositif de désinfection selon les sites. 

Désinfection des eaux de TAR :

quelles alternatives et méthodes de nouvelle génération ?

Désinfection par procédé mixte UV-C + H2O2: l’exemple BWT ECO-UV

Utilisée isolément, (sans réactifs chimiques), la désinfection par UV (ultraviolet “C”) s’est imposée comme un standard industriel pour la maîtrise des bactéries dans les circuits d’eau d’appoint, les boucles process, etc. Son principe repose sur l’utilisation de lampes UV-C émettant un rayonnement qui détruit l’ADN des micro-organismes (bactéries, virus, protozoaires…) et rend impossible leur reproduction.

 

Pour en garantir la rémanence, obligatoire dans les TAR, BWT la technologie BWT ECO-UV, combine UV-C et peroxyde d’hydrogène (H2O2).  Outre son efficacité contre les légionelles et la flore interférente, même sur des eaux techniques ou recyclées à forte charge organique, cette technologie BWT présente un grand nombre d’avantages :

  • Aucune production de résidus chimiques aux rejets : la désinfection ne génère ni sous-produits chlorés, ni risques de corrosion ou d’altération des matériaux.
  • Simplicité d’installation et dimensionnement parfaitement adéquat au volume d’eau nécessaire au fonctionnement de l’installation.
  • Limitation des opérations de nettoyage : en réduisant le développement des biofilms et en abaissant la fréquence d’encrassement, la maintenance lourde devient moins fréquente.
  • Valeur environnementale : forte réduction de la consommation d’eau (grâce à l’optimisation des cycles), et réduction de l’usage de produits chimiques traditionnels.

 

La nouvelle génération BWT ECO-UV+ intègre même un générateur local de peroxyde d’hydrogène produit à la demande, supprimant à la fois la logistique et le risque de stockage de produits chimiques. 

 

Désinfection par électrolyse

Il ne s’agit pas à proprement parler de désinfection par électrolyse : un générateur (tel que BWT ECO-MX par exemple) transforme le sel dissous en une solution désinfectante, qui circule immédiatement dans l’installation : moins de sous-produits de fabrication, pas d’emballage, pas de logistique lourde à gérer.

Cette méthode est utilisable et déjà répandue dans les tours aéroréfrigérantes, les circuits ouverts ou fermés, en désinfection ponctuelle ou permanente. Elle offre notamment une maîtrise précise du dosage, une action en continu, une réduction des risques de manipulation, et une optimisation du coût global. Et ne présente aucun défaut majeur en dehors d’un dimensionnement adéquat à la taille de l’installation et d’une maintenance préventive des cellules d’électrolyse. La solution étant automatiquement injectée dans le circuit, la formation des opérateurs reste, quant à elle, relativement mineure. 

 

Chimie alternative : des produits formulés biodégradables et biosourcés

Imaginée et conçue par BWT, la chimie alternative consiste à substituer les produits chimiques traditionnels, dangereux pour l’Humain et l’environnement, par des formulations à base de principes actifs biodégradables, renouvelables, recyclés et/ou  biosourcés. Objectif : proposer des inhibiteurs de tartre, des anticorrosion et des biodispersants aussi efficaces que les solutions classiques, mais sans phosphore, sans azole et à faible impact carbone. Cette stratégie s'inscrit pleinement dans l'accompagnement de l'industrie vers sa transition écologique.

Testées en laboratoire puis en conditions réelles et aujourd’hui commercialisées, notamment sur les installations de Fraîcheur de Paris (réseau de froid urbain), ces formulations issues de la chimie alternative offrent une protection durable contre l'entartrage, la corrosion et la prolifération microbiologique, tout en limitant les rejets nocifs dans l'environnement. 

Similaire à celle des formulations traditionnelles, l'utilisation de ces solutions alternatives propose des coûts équivalents ou légèrement supérieurs en fonction des applications. 

Méthodes alternatives : comment s’y prendre ?

Face à la diversité des risques, il n’existe pas de recette universelle : chaque technologie alternative doit être envisagée au regard du contexte industriel et de sa zone d’implantation : taille de l’installation, origine et qualité d’eau à traiter, objectifs RSE, contraintes réglementaires locales, etc.

 

Pour adopter la bonne stratégie, une analyse complète s’avère systématiquement nécessaire et doit prendre en compte de nombreux critères : 

  • Sécurité des opérateurs : moins de manipulation de produits dangereux, réduction des accidents de travail et de la pénibilité des tâches de maintenance.
  • Performance environnementale : réduction (voire suppression) des rejets chimiques, moindre sollicitation des ressources naturelles (eau/énergie), conformité aux exigences éco-responsables attendues, etc.
  • Efficacité sanitaire et réglementaire : maîtrise documentée des risques (légionelles, flore interférente, biofilms), réponse aux nouveaux seuils ICPE et exigences de la DREAL sur la gestion du risque microbiologique.
  • Conformité et traçabilité : les technologies digitales associées (monitoring en temps réel, alertes automatiques, carnet de suivi dématérialisé) facilitent la preuve de conformité lors des contrôles, tout en simplifiant la gestion documentaire.
  • Optimisation de la fréquence de maintenance : moins d’arrêts pour encrassement, nettoyage plus aisé, allongement du cycle de fonctionnement optimal.

 

En d’autres termes, les méthodes alternatives ne doivent pas seulement constituer une réponse aux contraintes réglementaires : elles doivent s’inscrire dans une dynamique durable, pratique pour les équipes terrain et optimisée pour les installations industrielles. Et, pour être pleinement efficaces, intégrer : 

  • Un audit initial du site.
  • Un accompagnement technique (dimensionnement, formation, maintenance).
  • La formalisation de leur articulation avec une politique globale de gestion du risque.
Référence enertherm traitement eau

Retour d’expérience : Idex La Défense

Idex La Défense, le réseau de production et de distribution de chaleur et d'eau glacée du quartier d’affaires parisien, travaille avec BWT depuis 2002 pour optimiser la gestion du cycle de l'eau puisée dans la Seine. Le déploiement des solutions BWT ECO-MX et BWT Bluwell a permis de diviser par deux la consommation d'eau du site, de réduire de 40 % l'utilisation de produits chimiques anti-tartre et anti-corrosion, et de garantir un suivi digitalisé en temps réel des installations. 

Pour aller plus loin et renforcer l’efficacité de la gestion du risque légionelle dans vos tours de refroidissement à partir de solutions alternatives, téléchargez notre guide complet, corédigé avec AQUANOVA : 

  • pdf icon GESTION RESPONSABLE DE L’EAU ET MAÎTRISE DU RISQUE LEGIONELLA DANS LES TOURS AÉRORÉFRIGÉRANTES PDF, 4.36 Mo Télécharger